Depuis quelques années, les cryptomonnaies ont cessé d’être un simple “pari technologique” pour devenir de véritables actifs à part entière. Beaucoup d’investisseurs ont vu la valeur de leur portefeuille grimper, parfois de façon spectaculaire… mais se sont retrouvés face à un dilemme : comment profiter de cette valeur sans vendre, sans perdre l’exposition au marché ?
Jusqu’à présent, la réponse était compliquée, surtout en France. On pouvait envisager des solutions à l’étranger, mais elles impliquaient souvent un manque de sécurité juridique et fiscale. Depuis 2025, la donne change : le crédit lombard crypto a désormais un cadre légal clair en France, et ça ouvre des perspectives très intéressantes.
Le crédit lombard crypto : un concept ancien, adapté à l’ère numérique
Le crédit lombard, à la base, n’a rien de nouveau. C’est un produit classique de la banque privée : vous mettez en garantie vos titres financiers (actions, obligations, parts de fonds…), et en échange, la banque vous prête une somme d’argent. L’intérêt pour l’emprunteur, c’est qu’il conserve ses placements et continue de bénéficier de leur éventuelle performance, tout en obtenant de la liquidité pour financer un projet.
En 2025, ce mécanisme a été élargi aux crypto-actifs. Cela signifie qu’au lieu de nantir des actions ou obligations, tu peux désormais utiliser tes bitcoins, ethers ou autres cryptos comme garantie pour obtenir un prêt en euros. Tu n’as pas besoin de les vendre, elles restent à toi… mais “bloquées” le temps du crédit. C’est un peu comme si tu mettais ton portefeuille crypto en gage, en échange de cash.
Une nouveauté rendue possible par la loi
Jusqu’à l’an dernier, cette idée relevait presque de la science-fiction en France. Certaines plateformes étrangères le proposaient déjà, mais il fallait jongler avec des zones grises juridiques et une sécurité limitée pour l’emprunteur.
En mai 2025, tout s’est accéléré. Avec l’ordonnance d’application de la loi DDADUE 5, la France a intégré dans son droit national les dispositions du règlement européen MiCA. Cette réforme, très attendue par l’écosystème, a posé un cadre clair pour que des banques et prestataires agréés puissent accepter des cryptos en garantie d’un prêt. Concrètement, ça veut dire que tu peux faire cette opération en France, avec un contrat conforme, encadré par l’Autorité des marchés financiers. Plus besoin de passer par des solutions offshore ou complexes à justifier fiscalement.
Comment ça marche dans la pratique ?
Imaginons que tu possèdes un portefeuille de 100 000 € en Bitcoin. Tu t’adresses à une banque ou à un prestataire agréé qui propose ce type de crédit. Tes bitcoins sont transférés sur un compte séquestre sécurisé, où ils restent immobilisés pendant toute la durée du prêt.
En fonction de la politique de l’établissement et du niveau de risque accepté, on va te prêter un pourcentage de la valeur de ton portefeuille. C’est ce qu’on appelle le Loan-to-Value (LTV). En général, ça tourne entre 30 % et 70 %. Dans notre exemple, avec un LTV de 50 %, tu pourrais obtenir un prêt de 50 000 €, tout en conservant la propriété de tes cryptos. Si leur valeur monte, tu continues d’en profiter sur le papier ; si elle baisse fortement, la banque peut te demander un complément de garantie, voire vendre une partie de tes actifs pour couvrir le risque.
Le remboursement se fait ensuite comme pour un prêt classique : mensualités ou échéances prévues à l’avance, intérêts calculés en fonction du montant et de la durée.
Les avantages… et ce qu’il faut surveiller
L’atout principal, c’est évident : tu obtiens de la liquidité sans te séparer de tes actifs. C’est particulièrement intéressant si tu es convaincu du potentiel à long terme de tes cryptos, mais que tu as besoin de cash pour financer un projet immobilier, investir ailleurs ou simplement faire face à une dépense importante.
En revanche, ce n’est pas un outil à utiliser à la légère. La volatilité des marchés crypto est un risque réel. Si la valeur de ton portefeuille chute brutalement, tu peux te retrouver à devoir injecter rapidement des fonds pour maintenir le niveau de garantie. De plus, les taux d’intérêt sur ces crédits peuvent être plus élevés qu’un prêt classique, justement pour compenser le risque pris par la banque.
Et en France, qui propose ça ?
En 2025, on n’en est qu’au début. Quelques banques privées innovantes, comme la Banque Delubac & Cie, se sont déjà positionnées sur le sujet. Côté prestataires spécialisés, certains PSAN (prestataires de services sur actifs numériques) agréés commencent aussi à proposer ce montage, souvent en partenariat avec des institutions financières traditionnelles.
On peut s’attendre à ce que l’offre s’élargisse rapidement dans les années à venir, à mesure que la réglementation s’installe et que la demande augmente.
Est-ce que ça vaut le coup pour toi ?
Tout dépend de ton profil et de tes objectifs. Si tu veux financer un projet tout en conservant ton exposition aux cryptos, le crédit lombard crypto peut être une solution intelligente. Mais il faut bien mesurer le risque, surtout si tu es fortement investi sur des actifs très volatils.
Chez Scrooge Finance, on peut t’aider à faire le point sur ta situation, comparer les offres disponibles et trouver la solution la plus adaptée, que ce soit pour ce type de crédit ou pour d’autres stratégies patrimoniales.






